L’humeur du jour
Le CO2 qui fait tousser le couple franco-allemand
Les émissions de CO2 de l’industrie auraient augmenté en Europe en 2007. Une nouvelle qui jette le doute sur la capacité de l’Union à tenir ses objectifs d’émissions de C02 d’ici 2012. Le Sommet de Printemps n’avait déjà pas convaincu. Les 13 et 14 mars dernier, les 27 se sont réunis pour trouver un accord. Sans succès. Pire, l’heure est définitivement à la division.
Les installations industrielles de l’Union européenne ont publié les données sur les émissions de C02 en 2007. Selon une première analyse, l’entreprise indépendante de conseil sur le marché du carbone, Point Carbon, révèle que les émissions de C02 seraient en hausse de 1,1%. Parmi les pays pointés du doigt, le Royaume Uni, qui a émis 85 millions de tonnes de C02 de plus que ce qui lui était alloué, et l’Allemagne, qui a vu ses émissions augmenter de 2%.
Ces statistiques sont symptomatiques du malaise franco-allemand du moment. Mais le mal est plus profond. C’est l’Europe qui pourrait prendre froid. Car à l’Est, on reste définitivement frileux face aux nouvelles ambitions de l’Union en matière d’émissions de carbone. Objectif, réduire de 20% la production totale de CO2 d’ici 2020 comparée au niveau de 1990. Deux secteurs sont dans la ligne de mire : le marché automobile et l’industrie. Pour cela, la Commission a fixé un calendrier avec une première étape en 2012. Et c’est là que le bat blesse.
Dans un rapport rendu en janvier, et examiné par les 27 lors du Sommet de Printemps en mars, la Commission préconise d’instaurer le principe « pollueurs – payeurs ». Il s’agirait d’octroyer à chaque pays un quota d’émission et le faire payer en cas de dépassement. Seulement, à l’Est, on considère le taux d’émission trop exigeant. L’appliquer entraînerait pour eux une augmentation de 10 à 15% des prix de l’électricité, car leurs infrastructures, notamment en matière de chauffage, ne sont pas adaptées.
Mais le plus gros frein est sans aucun doute allemand. Dans son discours du 13 mars, Angela Merkel a clairement fait savoir sa réticence. Sa principale inquiétude étant de voir les industries fuir l’Europe, pour des pays où le C02 n’est pas taxé. Bref, délocaliser pour la liberté de polluer.
Le « Non » allemand freinera-t-il l’Europe ? Pas sans une intervention française, qui tente de ramener l’Allemagne à la raison, via des pourparlers officieux depuis le début du mois. Il reste à savoir si le Bundestag aura raison de l’Elysée comme sur le dossier sur l’Union pour la Méditerranée.
Marie et Mika
Je comprends l’inquiétude de Merkel, mais de toutes façons, tôt ou tard je pense que la quasi-totalité des industries vont délocaliser, et que nos pays vont devoir se restreindre au tertiaire et aux technologies de pointe.