L’Allemagne, premier constructeur automobile européen, laisse tomber ses ambitions en matière de biocarburants. Le gouvernement fédéral avait prévu d’imposer un taux de 10 puis de 20 % de carburants bios dans l’essence classique, au lieu des 5 % actuels. Une manière de baisser les émissions de gaz à effet de serre dès 2009.
Mais vendredi, le ministre allemand de l’environnement, Sigmar Gabriel, a annoncé l’abandon du projet. En grande partie pour des raisons économiques. Plus de trois millions de véhicules ne peuvent pas utiliser sans dommages ce mélange de carburants, trop corrosif et incompatible avec les voitures de plus de 15 ans. Sans compter que le biocarburant est plus cher à l’achat.
Finalement, l’Allemagne adoptera un taux de 7% de biocarburants, et mettra l’accent sur les énergies renouvelables dans la production d’électricité pour compenser.
La décision allemande ne va pas contrarier les défenseurs de l’environnement. Greenpeace dénonce ainsi le bilan carbone des biocarburants, finalement « pire » que celui des carburants traditionnels. De plus, la forte demande dans ce domaine incite les paysans d’Amérique du Sud, principaux producteurs, à négliger les cultures alimentaires, favorisant les risques de famine et l’envolée des prix. Bref, il semble que ces fameux carburants verts soient une fausse bonne idée…
La France, elle, pourrait bien s’aligner sur son voisin allemand. Nicolas Sarkozy vient d’annoncer envisager un développement des biocarburants d’ici 2010. A hauteur de 7%, là aussi.
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