L’Union pour la Méditerranée

Le 14 mars dernier, les dirigeants européens ont donné leur accord pour la création d’une « Union pour la Méditerranée ». Le projet, à l’initiative du président français Nicolas Sarkozy, a été à l’origine de nombreuses tensions dans le couple franco-allemand. Décryptage.

Qu’est ce que l’Union pour la Méditerranée ?

Ce projet sera officiellement lancé le 13 juillet, lors d’un sommet spécial à Paris. Il s’agit d’une initiative, imaginée par Nicolas Sarkozy, qui vise à améliorer les relations entre l’Union européenne et les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. La coopération sera organisée dans cinq domaines clefs : l’approvisionnement énergétique, la lutte contre la pollution en Méditerranée, la surveillance du trafic maritime et la coopération en matière de sécurité civile, et enfin la création d’un programme d’échange étudiant ainsi que d’une communauté scientifique.

L’Union pour la Méditerranée est en réalité une prolongation du processus de Barcelone, créé en novembre 1995, puisqu’elle utilisera pour tout financement le budget initialement attribué à Barcelone. Ce partenariat entre 25 Etats membres de l’UE et 10 Etats du sud et de l’est de la Méditerranée se limitait cependant à une coopération en matière d’éducation, de droits de l’homme, de démocratie et de croissance économique durable.

D’un point de vue pratique, l’Union pour la Méditerranée sera gérée par deux directeurs, l’un provenant de l’Union européenne et le second d’un pays méditerranéen non européen. Ils seront nommés pour deux ans, par un secrétariat de 20 personnes, basées dans une ville du sud de l’Europe. Enfin l’accord prévoit des réunions bi-annuelles entre l’Europe et ses partenaires.

Les raisons du désaccord franco-allemand

L’Union pour la Méditerranée a été à l’origine de nombreuses tensions au sein du couple franco-allemand. Le projet, imaginé initialement par Nicolas Sarkozy, portait le nom d’Union méditerranéenne et devait impliquer uniquement les pays méditerranéens de l’Europe et ses voisins d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. L’Allemagne a cependant vu dans ce projet un risque de division au sein de l’Union européenne, l’Union méditerranéenne pouvant devenir un rival.

Les deux voisins sont néanmoins parvenus à un accord, suite à de nombreuses concessions françaises. Nicolas Sarkozy a par exemple assuré qu’il n’envisageait en rien la création d’un projet exclusivement français, ni même l’exclusion de certains Etats membres de l’UE. Angela Merkel a de son côté finalement accepté la création de l’Union pour la Méditerranée, reconnaissant que le processus de Barcelone avait besoin d’être revitalisé.

Outre le nom, les deux principaux compromis français concernent l’entrée dans l’Union pour la Méditerranée des 27 Etats membres de l’Europe et son financement. Finalement, seul le budget alloué au processus de Barcelone sera attribué à ce projet autour de la Méditerranée. Nicolas Sarkozy envisage toutefois d’y ajouter des financements du secteur privé.

L’Union pour la Méditerranée représente-t-elle une solution à l’adhésion de la Turquie en Europe ?

47073162.jpgNicolas Sarkozy a présenté son projet d’Union méditerranéenne au cours de sa campagne présidentielle, le 7 février 2007. Lors de son premier discours, le futur président français avait énoncé l’idée d’une union, considérée comme une alternative pour les pays qui « n’ont pas leur place » au sein de l’Europe des 27. La Turquie était ici directement visée, le président français étant fermement opposé à son adhésion.

Lors de son discours à Tanger, le 23 janvier 2007, Nicolas Sarkozy a cependant tenté de dissocier pour la première fois la création d’une UM avec l’adhésion de la Turquie à l’UE. Cette position accompagne les récentes nuances françaises vis à vis de la Turquie. Il s’agit d’apaiser les tensions entre les deux pays. Toutefois, la Turquie continue de voir d’un mauvais oeil ce projet euro-méditerranéen et refuse de voir son adhésion à l’Union européenne remise en cause.


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