Industrie : panne sèche du Transrapid allemand

h_3_ill_1028919_3746011.jpgIl devait faire du TGV une véritable antiquité et devenir l’emblème du savoir-faire industriel allemand. 37 kilomètres, 10 minutes, un monorail, aucune roue et pas de chauffeur. Le Transrapid « made in Germany » promettait de bouleverser le monde du rail. Il n’en sera rien… Jeudi, l’Allemagne a assisté impuissante à l’avortement du projet. Après plus de trente ans de gestation.

La presse allemande était sous le choc vendredi matin, le Berliner Zeitung n’hésitant pas à parler du « plus grand flop de l’histoire de la recherche allemande ». Jeudi, au terme d’une réunion de crise à Berlin, la ville de Munich a décidé d’abandonner son projet de train à sustentation magnétique, qui devait relier son centre-ville à l’aéroport. La raison : une panne de budget. Le gouvernement fédéral, qui doit régler la moitié de la facture a fait marche arrière face à la hausse pharamineuse des coûts du projet. Les deux producteurs du Transrapid, ThyssenKrupp et Siemens, ont finalement revu leur devis initial, fixé à 1,8 milliards d’euros, pour présenter une facture de 3,2 à 3,5 milliards d’euros.

L’annulation de la ligne bavaroise pourrait être un coup d’arrêt définitif au Transrapid allemand. Le train à sustentation magnétique de ThyssenKrupp et Siemens n’a pour l’heure trouvé qu’un seul débouché commercial, en Chine, où il relie depuis 2002 la ville de Shanghaï à son aéroport. Ce désaveu au sein de son propre pays, qui est aussi l’annulation de sa seule et unique commande, pourrait donc régler définitivement le sort de ce train du futur. Et signer ainsi le plus gros échec industriel de l’Allemagne.

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