Souvenir : la dernière Marinette s’en est allée
Cécile de Jerphanion est morte cette semaine à l’âge de 93 ans… Dans la quasi-indifférence. Elle était pourtant la dernière Marinette, ou représentante des femmes ambulancières du Régiment blindé de fusiliers-marins, une des unités de la 2e Division Blindée durant la Second Guerre Mondiale. Ces ambulancières étaient chargées de récupérer les blessés sur le front pour les porter à l’arrière.
Après le décès de Lazare Ponticelli, le dernier poilu, le 12 mars dernier, celui de Cécile de Jerphanion tourne une nouvelle page de notre Histoire. Et pourtant, sa mort est pratiquement passée inaperçue. Ici le contraste est frappant concernant le traitement médiatique auquel ont donné lieu ces deux disparitions. Et la situation n’est pas sans rappeler la disparition d’Erich Kästner. Le dernier poilu allemand est mort dans l’indifférence la plus totale à l’âge de 107 ans, le 1er janvier dernier. La presse allemande a en effet attendu un mois avant d’aborder le sujet. Cela s’explique notamment par le rapport qu’entretiennent les Allemands avec la Première Guerre Mondiale : aucune liste d’anciens combattants, pas de jour férié le 11 novembre… Outre-Rhin, ce conflit joue un rôle secondaire.
Les différences de traitements médiatiques nous montrent notre rapport à l’Histoire. Ainsi la France entretient le souvenir de ses millions de morts durant la Première Guerre Mondiale et honore ses poilus tandis qu’elle se préfère garder en mémoire les camps de concentration, la collaboration et la résistance dans la Seconde. Et laisse ainsi notre dernière Marinette s’en aller. Sans un dernier salut.
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