Pékin : les Jeux Olympiques opposent les Européens

article_jo_pekin_fr1.jpgLes ministres des affaires étrangères de l’Union européenne doivent se réunir en fin de semaine pour tenter de s’accorder sur une ligne de conduite vis à vis des Jeux Olympiques de Pékin. « Ce serait formidable si nous pouvions dégager une position commune », a affirmé le chef du Quai d’Orsay, Bernard Kouchner. Mais l’enthousiasme de celui qui doit entamer les débats pourrait bien vite retomber. En effet, avant même l’ouverture des discussions, deux lignes se dégagent avec comme chefs de file la France et l’Allemagne.

Plusieurs dirigeants d’Europe de l’est, anciens pays communistes, ont fait savoir dès cette semaine qu’ils ne se rendraient pas à Pékin. C’est le cas notamment des présidents tchèque, Vaclav Klaus, et estonien Toomas Hendrik Ilves ainsi que du Premier ministre polonais Donald Tusk. Nicolas Sarkozy, qui doit par ailleurs prendre la présidence de l’Union au 1er juillet prochain, n’a quant à lui pas écarté l’hypothèse d’un boycott. Le président français a en effet affirmé cette semaine que « tout restait possible ». Toutefois, le futur numéro un européen est resté sur la réserve : « Il faut donc que je consulte les autres sur leurs positions pour savoir si j’irai à la cérémonie d’ouverture ou pas ». Et d’ajouter, « J’espère bien qu’on va mettre à profit (…) ces mois qui nous restent pour que la situation s’apaise et partant, en fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d’ouverture et s’il y a lieu de prendre d’autres initiatives. »

De part et d’autre des frontières françaises, par contre, Britanniques et Allemands se sont clairement dit opposés à un boycott. Lors de sa rencontre avec le chef d’Etat français, le premier ministre britannique Gordon Brown a ainsi déclaré qu’il sera présent à la cérémonie d’ouverture. Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, elle estime qu’un boycott des J.O « ne pénaliserait que les sportifs ». Cette position est également soutenue par Chypre et les Pays-Bas, qui indiquent vouloir respecter les volontés du Dalaï-Lama, lui-même opposé à un boycott.

A compter de ce vendredi, les ministres des affaires étrangères disposent de deux jours pour trouver un accord. Et une ligne commune franco-allemande serait sans doute d’un grand secours, alors même que les deux Etats plaident pour l’axe Paris-Berlin comme moteur du renouveau européen.

(avec AFP)

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