Le régime forcé des retraités : travailler plus mais gagner moins

retraite21.jpgQu’est-ce qui coûte environ 11 % du PIB ? Le budget de la Défense, la dette ? Les deux nouvelles bagues de Carla Bruni ? Bien tenté, mais non. C’est la part des retraites allemandes. Une part qui ne va aller qu’en augmentant, avec le vieillissement de la population. Pour le gouvernement d’Angela Merkel, se pose alors une question : comment payer ?

Afin de sauver le système de financement des retraites, les partis au gouvernement ont convenu de relever l’âge légal de départ, en le faisant progressivement passer de 65 à 67 ans d’ici 2035. En somme, plus longtemps on travaillera, plus on cotisera, et moins la retraite sera maigrelette. C’est bien vu, mais ça ne sera pas suffisant pour contrebalancer un nombre si important de personnes âgées. D’autre part, les obliger à travailler plus longtemps est une chose, mais il faut encore que les entreprises suivent. Et que les jeunes trouvent quand même des postes.

Certains l’ont bien compris et tirent déjà la sonnette d’alarme. L’un des économistes les plus réputés d’Allemagne, Bert Rürup, vient ainsi d’alerter sur l’appauvrissement des personnes âgées. « Dans les conditions actuelles, les risques de pauvreté liés à l’âge vont augmenter », nous dit cet expert. Pauvreté qui, « dans 15 ans au plus tard, sera significative ». Eh oui, il est bien loin le temps où grand-mère cachait ses liasses de billets dans la toile du matelas. Bientôt, grand-mère n’aura plus un kopeck, ramera comme un étudiant en fin de mois et maudira le gouvernement qui lui verse une pension toute riquiqui.
 

Cotiser plus, plus longtemps
Et la France dans tout ça ? Même combat. Aujourd’hui 13 millions de retraités, 15 millions dans dix ans. Dans le même temps, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans va progresser de 75%. On peut s’attendre à ce que le minimum vieillesse, soit 621,27 €, soit sévèrement écorné.
Pour les anciens, la loi sur le financement de la Sécurité sociale est une pilule difficile à avaler, quand on connaît l’importance de leurs dépenses de santé. Ça, et d’autres « bricoles ». Tiens, la redevance audiovisuelle, dont beaucoup de personnes âgées aux revenus modestes étaient totalement dispensées. Patatras, ce n’est plus le cas.
Que faire, alors ? Travailler plus longtemps ? Le gouvernement français vient d’avancer des pions en ce sens, ce fut le tollé général. Baisser les retraites ? On y va droit, quoi qu’il se passe. Augmenter les cotisations ? Le pouvoir d’achat va s’en ressentir. Encourager l’épargne chez les actifs ? Il faut trouver des mesures incitatives. Les fonds de pension ? Risqué.
Si quelqu’un a la solution, qu’il lève le doigt !
Mikaël

2 réponses

  1. boris a dit…
    Sous l’hypothèse d’une croissance moyenne de 1,7% par an (c’est-à-dire de piteux résultats économiques),le PIB français doublera en 40 ans. La masse salariale (donc les cotisations sociales) aussi, si le partage salaires/profits reste stable. Même avec le scénario le plus noir imaginé (8 actifs pour 10 retraités), ce simple calcul montre que le financement de la protection sociale n’est pas problématique. Et ça, c’est le conseil d’orientation des retraites qui le dit. C’est po moi. Panique pas Mika, tu vas la voir un jour la retraite ! Un jour… mais quand ?

  2. @tom a dit…
    Ouais… pas convaincu par la démonstration du Conseil d’orientation. Mais bon, restons optimistes!

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