À Berlin, on s’inquiète. Et les embrassades entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’y changent rien. Vu d’Outre-Rhin, la politique étrangère française semble avoir amorcé un virage à 180 degrés, ce qui, pour l’hebdomadaire, ne va pas sans faire grincer des dents. Rapprochement affiché avec les États-Unis, volonté de retrouver une place centrale au sein de l’OTAN, propos autour d’une possible guerre contre l’Iran… Les points de discorde s’accumulent et Der Spiegel n’hésite pas à interpeller le ministre au sujet des « tensions » franco-allemandes.
« Je ne crois pas que cela grince, répond assurément Bernard Kouchner. Mais les amis ne peuvent pas tomber d’accord sur tous les points. » Le ministre français rassure et clarifie les propos de Nicolas Sarkozy au sujet du rôle central que la France doit tenir en Europe. Il n’est pour autant pas question d’évincer Berlin du processus de construction. « Nous devons au contraire collaborer étroitement. » Sur les relations franco-allemandes, le chef du Quai d’Orsay rappelle par ailleurs que Paris continue de militer en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui pourrait permettre à Berlin et Tokyo d’obtenir un siège permanent.
Téhéran, la crise couve
Le véritable point de désaccord entre la France et l’Allemagne demeure le dossier iranien. Les exportations allemandes en Iran sont plus de deux fois supérieures à celle de la France, d’où la relative froideur Outre-Rhin à engager des sanctions contre Téhéran. Ce qui explique également l’inquiétude de Berlin, suite aux propos de Bernard Kouchner au sujet d’un possible recours à la guerre. Mais le ministre français ne vacille pas et réaffirme sa volonté de mener parallèlement une politique de sanctions et de négociations avec l’Iran. Pour autant, le chef du Quai d’Orsay se défend d’être taxé de “promoteur de guerre”. « Je me bat depuis plus de 40 ans pour la paix. » Enfin, le ministre assure que la France n’a aucunement l’intention de devenir le « vassal » des États-Unis. Le rapprochement entre les deux pays tend simplement à enterrer l’anti-américanisme français affiché depuis des années. Mais l’attitude française dans le dossier libanais montre que Paris garde ses distances avec Washington. A suivre…
Retrouver l´article dans son intégralité sur le site de l´hebdomadaire Der Spiegel.
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Tietie007 a dit…
Plus que l’Iran, c’est plutôt le Pakistan qui me fait peur …Musharaf est sur une véritable bombe islamiste …